Skip to content

Les Mondes de Romain d'Huissier

Menu
  • Bienvenue !
  • Actualité
  • Bibliographie
    • Worldbuilding
    • Gamedesign
    • Adaptations transmédias
    • Recherches (historiques, mythologiques, folkloriques…)
    • Direction d’ouvrages
    • Articles
    • Autres
  • À télécharger
    • Hong Kong – les Chroniques de l’Étrange
      • Le kit de découverte
      • Taonet #1
      • Taonet #2
      • Taonet #3
      • Taonet #4
      • Taonet #5
      • Taonet #6
      • Diverses aides de jeu
    • Star Wars
      • Les Sharptroopers
    • Mythic Battles: Pantheon
      • Pour quelques monstres de plus…
  • À lire
    • Mini nouvelles
    • Coin des comics
Menu

Kirbysphère – dans la tête du roi

Auteur : Xavier Fournier
Éditeur : Caurette
Disponibilité : septembre 2020

Comptant parmi les plus grands experts en culture comics de France, Xavier Fournier est déjà l’auteur de plusieurs essais sur le genre ainsi qu’un conférencier averti qui parvient à captiver même un public profane à force de savoureuses anecdotes et de pertinente érudition.
Aussi, quand il décide de s’attaquer à l’œuvre immense de Jack Kirby, les lecteurs qui le suivent depuis Comic Box (magazine spécialisé dans la bande-dessinée américaine, dont il fut le rédacteur en chef et la principale plume) trépignent en attendant de pouvoir mettre la main sur le livre en question. Et à l’arrivée, aucune déception – bien au contraire.

Forme :
– 340 pages en grand format
– Cahier central illustré en couleur
– 25 €
Fond :
– Essai sur les comics
– Centré sur l’œuvre de Jack Kirby
– Écrit par une autorité en la matière

Un angle original

Considérant sans doute qu’une simple analyse des titres produits par Jack Kirby ne suffirait pas à rendre compte de son génie démiurgique, Xavier Fournier décide de structurer son essai d’une façon originale – seule capable d’explorer en profondeur l’imaginaire du cocréateur de Captain America.

Son projet n’affiche rien moins que l’ambition de cartographier l’esprit créatif du king of comics. Pour ce faire, l’auteur s’est attelé à la tâche – que l’on devine colossale – de discerner et d’analyser les motifs les plus récurrents de Jack Kirby. Ses obsessions, ses influences ses schémas narratifs, ses personnages : tous les éléments qui traversent ainsi l’œuvre de ce créateur productif (qui s’étale sur plus d’un demi-siècle) se voient identifiés, remis en contexte et finement décortiqués. Revenant toujours sous une forme ou une autre, ces items surgissent régulièrement dans des titres parfois bien différents et éclairent le fonctionnement de l’un des esprits les plus féconds du vingtième siècle. Au fil de la lecture, on voit ainsi s’assembler une véritable cartographie de l’univers qui s’est développé dans le crâne de Jack Kirby année après année – à la manière d’une toile aux fils invisibles et s’étendant perpétuellement.

Si le plan de Kirbysphère s’avère pour l’essentiel chronologique, c’est afin de mieux déployer sous nos yeux la façon complexe dont l’imaginaire du king of comics s’articule avec les évènements de sa vie – qui s’est révélée à la fois riche et frustrante, pour une artiste qui ne reçut jamais de son vivant la reconnaissance qu’il lui pensait due. Opportunité nous est offerte de suivre la manière dont une idée apparaît au détour d’une case, dont elle se consolide à travers un récit parfois oublié, dont elle revient sous une nouvelle forme dans un titre plus connu, dont elle évolue au fil d’une saga majeure et enfin dont elle se cristallise et se transmet aux générations suivantes de scénaristes (car telle est la nature des comics : ils passent d’équipes créatives en équipes créatives, chacune y apportant sa pierre – et Jack Kirby fut souvent celui qui posa les fondations).

De plus, le livre nous explique également d’où l’artiste puisa lui-même sa propre inspiration. Fasciné par la science-fiction, il lisait romans et nouvelles tout en se tenant au courant de l’actualité cinématographique. Bien de ses thèmes fétiches y trouvent leurs origines, qu’il s’appropria afin de leur apposer sa marque et d’y mêler ses idées afin de les rendre uniques – porteurs de son empreinte inimitable.

Au cœur de la Kirbysphère

Jack Kirby traitait de divers sujets de prédilection, qui émergent ici et là tout au long de son œuvre.

La théorie des « anciens astronautes » – ces extraterrestres qui auraient jadis laissé sur Terre des traces de leur passage – lui inspira de nombreux éléments dans ses histoires. Qu’il s’agisse de la civilisation des Krees dans l’univers Marvel ou du monolithe noir de 2001 – l’Odyssée de l’Espace dont il signa l’adaptation (émaillée de ses idées personnelles) en bande-dessinée, il convoque souvent cet imaginaire cosmique dans ses énergiques pages.

En découlent presque directement les multiples panthéons alternatifs qu’il sema dans les franchises auxquelles il touchait. Chez Marvel, on peut citer les Inhumains (créés par les Krees – tout se recoupe !), les Asgardiens ou les Éternels tandis qu’il offrit à l’univers DC le Quatrième Monde et son cortège de Néo-Dieux. Jack Kirby était en effet fasciné par l’aspect transcendantal des super-héros, sans doute du fait de ses origines juives.

Ce qui le conduisit à traiter également des entités cosmiques en tant que personnifications des différents aspects de la création, que seul son trait majestueux était capable de matérialiser. Qu’il s’agisse de la Source (cette voix désincarnée guidant les actions de Néo-Génésis) ou de Galactus (le dévoreur de monde à l’allure de titan), il utilisait ces figures dantesques pour mettre ses super-héros devant des défis impossibles à remporter par la seule force brute.

Car Jack Kirby tenait la science en haute estime. Sous sa plume naquirent bien des personnages au profil de super-savants, à l’image de Reed Richards (le leader des Fantastic Four) ou des membres du Laboratoire Cadmus. Pour de tels individus, la réflexion passe avant l’action et c’est en cherchant des solutions alternatives à la violence qu’ils triomphent.

Ayant combattu sur le front européen de la Seconde Guerre Mondiale, le king of comics en a conçu de profondes convictions humanistes qu’il transmit via ses personnages et ses histoires. Black Panther, roi d’une nation africaine à la technologie futuriste (créé si peu de temps après la fin de la Ségrégation), Big Barda, la puissante Néo-Déesse marié à Mister Miracle ou les X-Men, en butte au rejet et à la haine des humains normaux, témoignent de cette pensée anti-discrimination. Désireux de montrer les méfaits du fascisme, Jack Kirby donna également vie à tout un aréopage de tyrans comme Darkseid ou le Docteur Fatalis.

Et encore ne s’agit-il là que de quelques exemples, l’ouvrage en déclinant bien d’autres tout aussi passionnants !

Jack Kirby en quelques titres
Parmi la pléthore de personnages dont le king of comics est le (co)créateur, citons : Captain America, Iron Man, les Fantastic Four, les X-Men, Hulk, les Avengers, Thor, Nick Fury, Ant-Man, Kamandi, OMAC, Orion, Steppenwolf, etc.
Impossible de résumer l’ampleur de son œuvre en si peu de place, mais notons qu’une très grande partie de la culture populaire américaine (et donc mondiale) actuelle descend en droite ligne de ses productions.

Pour les rôlistes

Pourquoi Kirbysphère s’avère une lecture particulièrement intéressante dans notre cas, quand bien même nous ne serions pas amateurs de comics ?

Tout simplement parce que Xavier Fournier y met au jour les mécanismes de création d’un cerveau parmi les plus inventifs qui soient (au point que pas un seul film de super-héros récent n’en porte pas la trace). Dressant une cartographie de l’imaginaire de Jack Kirby, il nous amène à comprendre comment notre propre esprit fonctionne : la façon dont nous ordonnons nos idées, les recyclons, les combinons avec d’autres, etc. Nous voilà ainsi aptes à explorer notre propre imaginaire et à le comprendre afin de l’optimiser. De plus, nous sommes décomplexés à l’idée d’utiliser nos diverses influences dans nos œuvres : après tout, si le king of comics le faisait c’est bien qu’il s’agit là d’un processus naturel de création !

Après la lecture de Kirbysphère, nous nous trouvons donc mieux armés pour concevoir nos personnages, scénarios, campagnes, jeux de rôle, romans… Autant d’œuvres intangibles mais marquées par notre identité profonde.

© 2026 Les Mondes de Romain d'Huissier | Powered by Minimalist Blog WordPress Theme