
Les Américains disposaient de leurs symboles – ces héros de propagande destinés à donner du courage à leurs soldats. Blue Sentinel, Miss Patriot ou Fast Flyer : des combattants redoutables mais dont les victoires comptaient moins sur le champ de bataille que dans le cœur de leurs compatriotes. Grâce aux Résistants et aux forces armées des Alliés, ils avaient mis l’Allemagne et ses Übermensch à genoux – et à présent, ils rejoignaient le Front du Pacifique pour affronter le Japon.
Mais l’Empire du Soleil levant possédait également ses propres guerriers d’élite. Le Samurai écarlate, Onmyôji et bien sûr Kami-kaze – ce simple soldat volant qui virevoltait entre les appareils durant les batailles aériennes, larguant ses redoutables grenades à éclat sur les avions américains. Lorsqu’il posait pied sur un navire ennemi, il le faisait sauter au moyen de ses puissants explosifs.
À chaque mission, Kami-kaze transportait avec lui une puissance destructrice suffisante pour rayer une petite île de la carte. Le moindre choc, le moindre coup au but pouvait le pulvériser en plein vol. Dès lors qu’il s’envolait dans les magnifiques cieux du Pacifique, Kami-kaze savait qu’il s’agissait peut-être de sa dernière expédition. Et pourtant, il s’en sortait et revenait à chaque fois. Les vents le portaient et murmuraient à son oreille. La beauté de ce qu’il accomplissait remplissait son âme d’allégresse – et sa volonté d’acier le ramenait encore et encore à terre, prêt pour une nouvelle mission.
Kami-kaze n’était qu’un homme. Mais les soldats et pilotes de l’armée japonaise se mirent à le vénérer à l’égal d’une réelle divinité. Et toujours, les vents répondaient à leurs prières. Aujourd’hui, une fois de plus, Kami-kaze s’élança du pont du Yamato en criant « banzai ! » – et les pourtant redoutables aviateurs américains sentirent un frisson parcourir tout leur être quand les vents semblèrent hurler de rire.
Dessin de Guillaume Menuel.
https://www.artstation.com/artist/grizz