
Ikando attend sa maîtresse – la jolie Altéria, l’une des Pixies les plus redoutables de toute la Cour du Printemps. Alangui sous le soleil du renouveau, il laisse sa douce chaleur caresser sa chitine avant de se répandre en lui. Tout autour, la rosée de cette aube prometteuse répand des rayons irisés qui éclairent le paysage d’une lueur flatteuse. Cette quiétude n’empêche pourtant pas Ikando de se tenir sur ses gardes.
Comme à chaque début de printemps, des altercations ont lieu avec les représentants de la Cour d’Hiver – récalcitrant à laisser leur place, souhaitant prolonger la morte saison d’encore quelques jours. Certains en perdent parfois même la raison ! Ces faës devenues folles s’en prennent alors férocement à celles qu’elles qualifient d’usurpatrices. Les transitions saisonnières sont donc souvent meurtrières chez le Petit Peuple
Dans les sous-bois situés à proximité rôde justement un groupe de Boggarts inféodés à la Reine du Givre – du moins, c’est ce que les éclaireurs elfes affirment. Altéria a donc été envoyée afin de les neutraliser – une tâche normalement aisée pour la plus mortelle des escrimeuse féerique, juchée sur sa mythique monture. Ikando veille sur sa maîtresse, protecteur inamovible capable d’encaisser bien des coups grâce à sa robuste armure. Le scarabée est fier de servir la Pixie et de participer à sa légende. Ses redoutables cornes pourfendent d’ailleurs autant d’ennemis que la rapière de la guerrière qui le chevauche – ils forment ainsi le duo le plus meurtrier des quatre Cours.
Là, un bruit suspect ! Ikando fait bruisser ses élytres, un signal envoyé à Altéria. Des ombres contrefaites sortent du couvert des arbustes, sans se douter de ce qui les attend. Un cri perçant fend le silence matinal et le scarabée sent le poids familier de sa maîtresse lui tomber sur le dos. Il se cabre et s’envole, vrombissant plus fort que tout un essaim d’abeilles. Son ombre jette l’effroi parmi les Boggarts en contrebas.
Altéria et Ikando fondent sur leurs proies et annihilent la dernière trace d’hiver de la forêt – ne laissant derrière eux que la flaque brisée de flocons trop tardifs.
Dessin de Lorenzo Lanfranconi.
https://www.behance.net/RendihsART